Mis à jour 13-03-2010 18:25
Formule 1 : l'étrange histoire de Jenson Button
Champion du monde en titre, Jenson Button a quitté l'écurie Brawn GP pour McLaren où Lewis Hamilton l'attend de pied ferme. Portrait.

Jenson Button au volant d'une Brawn, lors du Grand Prix de Turquie 2009
Photo : Mark McArdle/Wikipédia
Jenson Button est actuellement à Dubai pour s'acclimater au Grand Prix de dimanche qui aura lieu dans le Bahrein voisin et ouvrira la nouvelle saison de Formule 1. Son entraîneur est avec lui, pour le conduire des bars à cocktails à la salle de sport. Sa petite amie Jessica aussi, pour que le séjour puisse ressembler à des vacances et pas seulement à du travail.
Sans doute réside-t-il dans un hôtel très chic et y répond-il aux sollicitations des médias. Hilton étant un sponsor de McLaren, sa nouvelle écurie, il ne verra pas l'ombre d'une facture. La saison passée, la situation était quelque peu différente, quand, pour soulager le budget de Brawn GP, il devait payer de sa poche ses chambres d'hôtel. Toujours est-il que c'est avec un titre de champion du monde que Button effectuera son grand retour sur les circuits.
McLaren est une écurie prestigieuse. Pas moins de 12 championnats de monde pilote figurent à son palmarès. Sans Jenson Button. Comment ce dernier s'adaptera-t-il au règlement très strict de l'écurie et à ses exigences très élevées ? L'année dernière, il avait dû consacrer six jours aux relations publiques. Cette année, environ 80 seront dédiés au cirque médiatique . "Déguisez-moi en clown si ça vous amuse, je m'en fiche, tant que notre voiture est rapide", glousse-t-il. Jenson est un mec à la cool, du moins en apparence. En vérité, il a surtout un mental d'acier. Quand il dit que seule la voiture le préoccupe, il le pense vraiment.
"Comme les 24h du Mans"
La plupart des commentateurs misent plutôt sur Lewis Hamilton, son coéquipier et compatriote, pour remporter le titre 2010, bien que le numéro 1 figure sur la voiture de Button. Hamilton connaît McLaren comme sa poche, et est un pilote bien plus agressif. C'est justement ce dont Button pourrait tirer avantage. La nouvelle règle entrant en vigueur cette année qui interdit tout ravitaillement d'essence pendant la course fera de la préservation des pneus une des clés de la victoire.
"Ce sera comme une course d'endurance, comme les 24h du Mans", lance Jenson. "Les caractéristiques de la voiture ne seront pas les mêmes selon que le réservoir sera plein ou presque vide. Cela changera tout en termes de répartition du poids. Nous devrons adapter notre conduite à la tenue des pneus, et être extrêmement précautionneux parce que si tu abimes tes pneus dès le troisième tour, tu es foutu."
Button a un tempérament très calme, au contraire de Lewis Hamilton. La course de dimanche s'annonce fascinante, ne serait-ce que parce qu'elle devrait donner un aperçu de la capacité des deux Anglais à s'adapter au nouveau règlement. La célèbre presse britannique fait déjà monter la pression. "Nous savons que ce sera très intéressant", concède le champion du monde en titre. "A chaque entraînement, à chaque séance d'essais, à chaque Grand Prix, l'un finira devant l'autre."
Plus d'excuse
Il parle de l'importance du travail d'équipe, de comment l'échange d'informations entre eux rendra le duo plus rapide et l'équipe plus forte. "La presse fera son travail, mais ce qui nous intéresse surtout, c'est qu'elle parle encore de nous à la fin de la saison, lorsque le titre se jouera."
Voilà dix ans que Jenson arpente les Grands Prix de F1. Il est d'une génération plus ancienne que Lewis Hamilton, et a été irrité de voir ce dernier devenir le plus jeune champion du monde de l'histoire quand lui a dû attendre l'année dernière pour enfin se retrouver au volant d'une voiture compétitive. En 2009, les deux hommes ont finalement eu l'occasion de batailler l'un contre l'autre pour le titre mondial. Maintenant qu'ils piloteront tous deux la même voiture, cette dernière ne pourra plus servir d'excuse au perdant. Button doit être inquiet.
"Je prendrais plutôt la chose dans l'autre sens. Chez Brawn, tout était fait pour me mettre à l'aise. Et le choix d'y rester aurait assurément été plus confortable. J'ai préférer me tourner vers un challenge plus excitant", avoue-t-il. Avant d'ajouter : "Courir pour McLaren est pour moi un immense défi à relever. Je me retrouve dans un environnement inconnu, à devoir affronter un nouveau coéquipier qui a gagné beaucoup de choses, et c'est extrêmement motivant. Comme tout le monde, je n'aime pas beaucoup le changement. Mais j'attends celui avec beaucoup d'impatience."






